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mardi 2 décembre 2014

Les socialistes sont loin d'être des godillots

Lettre de démission d'un membre du conseil national du Parti Socialiste.

Monsieur Jean Christophe Cambadélis
Premier secrétaire du Parti socialiste
10, rue de Solferino
75 PARIS

Monsieur le Premier secrétaire,
Trente années d’engagement auprès des socialistes m’auront donné une bonne idée du fonctionnement de la vie politique française. Elles me conduisent aujourd’hui à vous proposer ma démission, au nom de l’idéal que nous avons partagé et de la réalité qui finit par s’imposer à nous.

Beaucoup a été dit sur la gauche et le pouvoir : certains allant jusqu’à théoriser son « long remord ». Mais ce n’est ni le remord, ni la colère, ni l’indifférence qui me conduit à poser cet acte douloureux. C’est l’authenticité, c'est-à-dire ce lien de vérité qui construit un homme dans le temps et, avec lui, la société qui l’entoure.

Tous nos modes d’organisations, du global au local, ont stérilisé les apports des personnalités les plus intéressantes de notre vie publique. La soumission aux institutions de la cinquième république, la personnalisation du pouvoir, le vide idéologique devenu le viatique de toute élection « consensuelle », la République convoquée sans rigueur aux fins de banquets des parvenus : voilà la lente et sûre dérive que notre parti ne veut pas endiguer car trop de ses membres en sont les acteurs zélés.

En trente années, j’ai pu observer la lente et certaine épuration de tout esprit novateur, la marginalisation de l’esprit-quand bien même il se limitait au militantisme-, la confusion des rôles et des genres entre les décisionnaires du parti et les responsables des exécutifs institutionnels. La plaisanterie a même été poussée à la tricherie officielle, devant les français médusés, lors du congrès de Reims.

Mais ces pratiques, présentées comme accidentelles, sont, en réalité, devenues la matrice même de notre organisation politique, totalement noyautée par un ou plusieurs réseaux internes -qui s’externalisent à souhait- dont le seul objectif est la maîtrise de l’appareil pour les désignations électorales. Le petit jeu des courants n’est destiné qu’à amuser la galerie pour mieux cacher la réalité de ce fonctionnement parallèle.

Rien de ce qui se fait réellement n’est donc lié à la légitimité acquise au sein de notre parti, à la loyale. Le prisme des barons locaux ou nationaux offre à nos concitoyens un choix politique qui ne correspond ni à notre histoire, ni à la réalité qu’aurait pu offrir un parti socialiste en conformité avec ses règles internes.

Si je vous parle d’un acte douloureux, c’est parce que je sais toute la nécessité d’une vie politique vivante, organisée autour de pratiques saines, cessant enfin de défier le peuple par ces provocations que l’on ne prend même plus la peine de nier : le cynisme s’habille aujourd’hui aux couleurs de l’intelligence. Le mépris atteste de l’autorité.

Comment voulez vous, dans ces conditions, que notre exercice du pouvoir puisse faire changer la société : c’est évidemment l’inverse qui se produit. La société se crispe, résiste, nous défie, souvent contre ses intérêts. 

La nomination de l’actuel premier ministre est l’illustration de cette pratique désastreuse et les conditions de votre accès au premier secrétariat n’ont rien à lui envier.

Plus localement, je constate que c’est l’appareil même du parti socialiste qui organise ses dissidences, vide ses sections et applaudit aux alliances les plus sordides avec le populisme ordinaire des identitaires régionaux. 

La dernière étape franchie allègrement par nos élites locales est celle de la confusion avec les intérêts financiers. Combien de cadres bancaires dans nos exécutifs locaux ? Quels jeux d’influence sur le mode de développement économique local ? Alors que notre Etat décentralisé devrait servir de rempart contre les abus des lobbies financiers, nous nous apercevons que c’est le modèle dominant qui est accompagné par lui.

Je n’ai pas manqué de livrer ces analyses, plus longuement, vous vous en doutez, tout au long de mon parcours politique. Ce fut, pour certains de mes interlocuteurs, une raison de s’engager avec moi en politique.

Ce compagnonnage s’achève parce qu’il devient insensé. Croyez bien à mes profonds regrets.

Veuillez recevoir, Monsieur le premier secrétaire, l’expression de ma considération distinguée.

4 commentaires:

  1. Il a eu raison. Il faut que la gauche retrouve ses vraies valeurs !
    La gauche doit exister car c'est le vrai garde-fou contre l'exploitation du patronat !

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  2. "Il a eu raison" oui, mais c'est qui?

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    1. Ce n'est pas la personne qui compte mais la prise de position

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Remarques bienvenues